Previously on Reddare
Dix mois. Dix longs mois pendant lesquels le calme plat, pour ne pas dire le néant glacial, s'est installé confortablement par ici. Aucune activité, pas même un coup d'oeil. C'est comme si l'on avait mis la main sur le tableau électrique principal il y a un peu moins d'un an (ça fait encore plus flipper dit comme ça) et qu'on se serait dit "Allez, on ferme le rideau, on coupe tout, personne ne tire sa révérence, on s'en fout". Voilà, merci Madame, merci Monsieur, see ya. Blackout.
La vie a poursuit son petit bonhomme de chemin, la terre est devenue fertile et les seuls occupants étaient vraisemblablement des bots venus d'ailleurs, scrutant les limites des Internets pour espérer récupérer 2/3 pièces de rechange. Rien de bien folichon, la mise en scène était belle et bien rangée au placard.
Et c'est au détour de quelques clics bien placés que, dix mois plus tard, on se retrouve à ouvrir la porte d'entrée par curiosité en se retrouvant nez à nez avec un spectacle inattendu : Des courriers abandonnés par centaine, des journaux empilés hasardement, une odeur de mort vivant à l'échalote, une masse de poussière faisant office de piste noire pour la faune, et des chats. Beaucoup de chats. Dès qu'on imagine un endroit tout pourri, cloisonné et renfermé, il faut qu'il y ait des chats pour sublimer la nature dégueulasse de la situation.
Devant ce tableau rocambolesque, vous l'aurez bien compris : Ce blog était à l'abandon. Il était fiché sous un numéro de matricule en attendant de finir dans un four crématoire dédié (true story).
J'ai donc décidé d'y mettre mon grain de sel devant les instances suprêmes, avec un argument choc : "NON ! Ce blog ne mérite pas de mourir. Ce blog mérite une saison 2".
Alors là tu te demandes ce que je raconte, que t'étais pas au courant pour la première saison (et que de toute manière, une saison pour un blog ça ne veut rien dire putain), que t'as rien à foutre ici et que c'était quand même plus rigolo avec les chats (bah voyons).
C'est finalement sans plus attendre que vous avez sous les yeux la nouvelle version de Reddare pour sa reprise, un nouveau logo en chantier depuis 2009, le temps d'avoir les validations de mise en production, droits d'auteur, financement, rentabilité, gestion RH, campagnes marketing et business plan (non en fait c'est pas vrai, je l'ai fait en 20min tout à l'heure en mangeant des Pringles), une ligne editoriale qui ne bougera pas, une mise en page légèrement remaniée, quelques fonctionnalités supplémentaires et c'est tout. Tu ne devrais pas t'y perdre.
Bon, évidemment, tout ceci s'adresse aux fidèles lecteurs de la première (heure) saison. Ils étaient trois ou quatre, et on les a sûrement perdu en chemin avec tout ça. Je me retrouve donc à avoir préparé cette annonce pour l'annoncer à moi-même, sacré concept.
Alors pour conclure sur ce pilot qui n'est pas un pilot puisque c'est tout sauf une saison à proprement parler, je vais la jouer avec un cliffhanger digne de ce nom :
"Reddare grapefruit's owner ? They all said he was tracked and killed in the jungle. Today I can say he's not dead. And you know what fellas ? He's (un peu) BACK." *
(J'ai méga galéré à récupérer/réaliser ce son - Faîtes des dons)
PS : Si tu n'as pas cliqué sur le son, tu peux aussi relire la dernière phrase en cliquant cette fois-ci dessus. Effet cliffhanger garanti.
PS2 : Et si tu n'as rien pigé de ce billet (pilot, saison, cliffhanger, ...), tous les chats ont été mangés donc pas de retour arrière possible.
*Je ne ferai pas la traduction, ce n'est quand même pas de ma faute si tu n'a pas suivi tes cours d'anglais à l'école.
Apple m’a tuer.
Comme cela fait une bien belle éternité que je n'avais pas publié de billets plus ou moins foireux, je reprends un peu du poil de la bête pour toi, jeune délinquant(e). Et je vais ainsi casser d'emblée ta motivation de lecture en te disant que le dit-sujet ne va traiter ni d'Apple, ni de Steve Jobs, ni des processus marketing mis en place par cette société américaine, ni d'Omar, et encore moins de ce que devient CDP. Donc pour faire court : Tu es venu ici pour rien et tu as sûrement des tâches ménagères à faire, alimenter ton chat, des cours à suivre ou bien mes chemises à repasser. Aurevoir.
Pour le reste, je vais d'abord t'expliquer comment l'idée de ce que tu lis m'est venue en tête : Nous sommes un vendredi 30 septembre 2011, il est environ 20h45, mon mobile GSM de la marque Apple IIIème génération estampillée S pour Speed et affichant des caractéristiques tels que p... (Oh puis merde tu as compris) étant posé minutieusement sous mes yeux, et moi-même situé en contre plongée avec un bazooka militaire et les sourcils très très froncés. Et là je me suis dit que je ne pouvais pas laisser passer ça.
Faisons donc un retour arrière d'environ 16h dans le passé. Après une nuit acharnée sur la béta fermée/ouverte/double-fermée/semi-ouverte de Battlefield 3 et ayant peu de sommeil à la fois à mon actif mais encore moins à effectuer, j'ai décidé comme tous les jours de programmer ce fils de pute merveilleux réveil intégré à notre joli GSM de la pomme (l'utilisation du mot GSM est volontaire, commence pas à me saouler).
Je te passe les détails de ma nuit aussi courte qu'une virée dans un Space Mountain, sauf qu'au moment de sonner, le réveil en a décidé autrement et s'est dit "nous sommes vendredi, pourquoi ne pas faire quelques entourloupes matinales et lui niquer sa petite journée à ce petit con ?". Il n'a donc pas sonné. Ni à l'heure programmée, ni 1h plus tard. En fait il n'a jamais sonné. Bravo l'artiste.
Et c'est justement ce simple élément, finalement anodin comme jamais, qui déclenche une succession de catastrophes. Réveil précipité, bâclé, petit déjeuner sauté (honte matinale), humeur gâchée pour les 7 mois venir, découverte d'insultes très constructives, espérance de vie diminuée de moitié, un risque maximal de mettre deux chaussettes différentes, chercher ses clés, trouver de nouvelles insultes, trouver encore une fois de nouvelles insultes et enfin affronter La Reine, The Queen : L'autoroute A15 un vendredi en pleine heure de pointe à la fois matinale mais aussi "nocturne" (entre guillemets puisque l'heure de pointe parisienne commence à 17h mon pote). J'ai déjà rédigé mes commentaires sur cette autoroute du Mal, je ne me répéterais pas. Je m'en sors donc avec une journée pétée, des regards fusillés lancés à tout azimut, cafés moroses, traîner des pieds, faire exprès de faire tomber le GSM, s'excuser avec un doigt d'honneur, assister à des réunions complètement à l'ouest, écrire comme un droitier, souffler, mourir plusieurs fois, postillonner volontairement sur le GSM, ne pas essuyer, trouver de nouvelles insultes, mourir encore.
Et pour que tu visualises le trajet retour, tu prends tout ce que je viens d'écrire, tu rajoutes de la pisse, du crachat, des betteraves, du café sans sucre, des gens, les détritus à l'intérieur de ton clavier, de la peau morte et du Roquefort. Tu mixes le tout, tu avales, tu vomis, tu ravales le vomi, tu re-vomis. Et voilà, ça devrait être assez représentatif des 2h30 de trajet pour faire exactement 32,9 kilomètres, pour qu'en plus je loupe un entraînement crucial et retrouver le frigo totalement vide.
Il est maintenant 20h45, et je suis avec un bazooka militaire en face de mon Global System for Mobile Communications (oui GSMC, j'ai rajouté le "Communications" pour que tu te sentes trahi(e)). J'ai attendu patiemment qu'il s'explique, ça n'est jamais venu. Comme quoi un simple procédé technologique peut changer le cours d'une journée. Si encore j'avais pu rencontrer la femme de ma vie ou que l'on m'offre des chouquettes ...
J'ai dit que je n'en parlerai pas, mais j'ai menti. Quatre jours plus tard, l'iPhone 4S est dévoilé au monde entier. Le lendemain, Steve Jobs décède. Six jours plus tard, mon réveil n'a encore pas sonné.
Apple m'a tuer.
Trancher sous le fourreau.
Créature. Créateur. Création. Je te vois parmi tant d'autres, dissimulé à la seule force de tes mains. Mais je te vois, clairement. On se penche au-dessus des berceaux, on mélange les couleurs de nos pupilles. Parfaite désillusion. Incarnation sensible d'entités paradoxales, on se bascule et on se bouscule. Ah, cette odeur d'anarchie cognitive, on en connaît tous la couleur. Détraqués d'outre-tombe, sous le silence cousu, fait tomber les pièces maîtresses. Qui es-tu ? Inlassablement la même personne. Pris de vertige dans les hautes sphères abyssales, prêt à toucher le fond pour caresser les nuages. Unique, tu l'es. Nausées nauséabondes à la vue de ce qu'il se trame dehors. Et nos caprices, fondés sur les rochers des lions n’excluront que la science et la religion. Noyau atomique, particule atypique de l'Architecte. Créatures, celles qui soufflent dans le noir en ayant le regard rivé dans les limbes. Labyrinthe en chantier progressif, la seule sortie étant celle qu'il ne faut pas choisir. Mais qui est-ce donc ? Que sais-je. On trempe nos mains dans de l'eau de solitude, cherchant à désarmer les fléaux en orbite. Mélodies sur mélodies, chants lyriques à la gloire de nos Pères. Qu'adviendra-t-il de ces lettres ? Que sais-je. Créatures pour créatures, fruit descendu d'une alchimie consistante et chérie. Lâchées à la merci du monde, là où la pitié n'existe dès lors que les Hommes à eux-seuls croquent de pleine dents les délices des déchus.
On scande les mérites de nos actions, mais peu d'oreilles nous sont tendues. Lutte sur lutte, c'est face à la lumière que l'absence du néant se suffit. Soyez donc brillants, les plus anodins reprendront leurs trônes. Poings serrés épousant les notes musicales, mâchoire gonflées comme pour encaisser le Mal. Grande portée que nos voix propagent, infime demeure le réceptacle. Déboussolé, en guise de repère pour qui s'aventure dans les sentiers des vivants. Création divine ou monstruosité diabolique, éparpillée au sein des Hommes, tâchée de scarifier comme bon lui semble. Estampillé à tort sous le feu des canons, personne ne frime face aux murailles à l'odeur de poudre carbonisée. Cachés, dissimulés, camouflés dans des moules sociaux où les règles sont antinomiques. Créateur, quel fût ton plan ? En quête de réponses limpides, piochées à la source pour ainsi éviter les discordances lamentables. Qu'attends-tu ? Réveillé par les gongs des champs de bataille, en harmonie avec les caresses d'une danse calomnieuse. Est-ce peut-être là, sous nos yeux ébahis et éventres, que les saccages moraux ont pris place. Envole-toi et désigne-nous le point culminant de tes attentes, même à travers le brouillard épais et ambulant, nous saurons y faire bon chemin.
Je te vois parmi tant d'autres. Aspiré par les remords et la peur au ventre des bris de glace. Aussi fragiles soient-elles, ces boîtes musicales si chères aux Hommes ne sont que bien trop exposées aux supplices et aux calamités. Créature, n'as-tu pas peur d'y perdre vingt-et-un grammes ? Symbolique, ô combien symbolique. Les rêves d'osmose n'existent que pour te rappeler à quel point la lutte n'est qu'un début. Chérir, partager, protéger, dur d'y voir clair dans les sacres lointains. Battre, combattre, rabattre, débattre, que de grands gestes pour une cause des plus nobles. Affronter vents et marées n'a que peu de sens en soi, mais ajoutez-y un zeste d'espoir, ainsi découper l'océan deviendra un instinct de survie.
Soyez incisif, voilà la finalité.
