Red Dare Pamplemousse ! RDDR.

28oct/101

Ce paquet de bonbons, c’est le sien.

C'est sa petite histoire à lui. Quelques doigts suffisent pour connaître son âge. Quelques pommes mises les unes sur les autres suffisent pour le mesurer. Mais ses petits pas laissent des traces. Ça oui.
C'est pourtant l'histoire d'un enfant, celui qui a encore du mal à ouvrir totalement les yeux quand la lumière fût ou bien qu'elle se fait trop dense. Celui qui découvre chaque senteur, chaque goût, chaque couleur et chaque son.
Mais c'est principalement l'histoire d'un petit garçon et d'un sachet de bonbons.

Douces gourmandises de toutes les convoitises, on pourrait même croire qu'il détient le Saint Graal des cours de récréations. C'est vrai que sa timidité lui fait défaut, on peut le déceler lorsqu'il baisse ses yeux amandes et chercher du regard lorsque l'on vient lui parler. Lui, il n'aime pas beaucoup parler, peut-être par peur de faire fuir. Il se retrouve souvent seul lorsque le gong des classes propage son lot d'émotions et que le raz de marée de bambins libérés des coups de craie de la maîtresse se déferle. On observe et on écoute beaucoup de rires aigus, de cris de joie, de cache-cache, de décomptes, de pirouettes, de pleurs rapidement éteints avec de beaux pansements, d'innocence, de ballons, de corde-à-sauter et même de baisers volés. Mais lui, il n'en fait pas partie. Et parce qu'ils ont toutes et tous leurs listes d'activités, lui il reste dans son petit coin ombré à l'abri. Seul, mais avec son sachet de bonbons à la main. Le sien.

Gourmandise de convoitise puisqu'il s'avère qu'il est le seul à en avoir au milieu de ce beau monde. Personne ne sait pourquoi, du coup la demande est devenue de plus en plus effective. Il découvre toujours autant de toute manière. Il découvre cette nouvelle attention, cette existence, cette situation. Il s'est pris de plaisir à donner, à partager et même à aider. Un bonbon ça soigne tous les maux paraît-il. Il a même réussi à décrocher un doux baiser de son amoureuse secrète le bougre. Ses yeux amandes pouvaient enfin l'admirer, mais il regardait ailleurs dès qu'elle le surprenait. Les pulsions de son petit cœur le faisait sourire. Il découvre. Il s'amusait même à organiser des jeux, offrir des récompenses. Il écoutait même des histoires autour d'un pot de bonbons.

Et puisqu'il poursuit ses découvertes, il découvre aussi la jalousie d'autrui, les mascarades, les moqueries, les ennemis, le profit par intérêt, l'hypocrisie, les jugements, le vol. Oui, le vol de bonbons. Sacrilège suprême.
Sa soudaine notoriété lui a joué des tours, lui qui n'a peut-être au final rien demandé si ce n'est qu'on lui demande de venir jouer avec les autres. Ce même petit garçon solitaire aux allures d'un pilote de chasse, timide et empli de belles choses à donner. Innocence incarnée, ne soupçonnant pas qu'un sachet de bonbons serait l'ambassade de l'humanité et le berceau de la déchéance. Ce même petit garçon qu'une cour de récréation s'est amusée à modeler et à démouler pour obtenir ce qu'elle désirait avant tout. C'était aussi rapide et puissant qu'un éclair. Dévastateur.

Je le regardais.
Il s'est senti aimé, entouré, apprécié. Il s'est senti comme tout être humain puisse prospérer : Important.
Mais c'était sans compter le vice et l'acide balancé à tout va. Que chaque bonbon avait son unique pouvoir radical de faire renaître.
Il se sentait démuni. Le sachet était vide. Et parce qu'ils ont toutes et tous leurs listes d'activités, lui, il restait dans son petit coin ombré à l'abri. Assis. Seul.
Moi j'étais à côté de lui, il ne me voyait pas, il ne pouvait même pas me sentir.

C'est sa petite histoire à lui.
C'est pourtant l'histoire d'un enfant.
C'est principalement l'histoire d'un petit garçon et d'un sachet de bonbons.

Il ne le sait pas encore, mais c'est lui qui va changer le monde.

Parce que c'est sa petite histoire à lui.
Parce que c'est seulement l'histoire d'un enfant.
Parce que c'est finalement l'histoire d'un petit garçon et d'un sachet de bonbons.

Et parce que c'est surtout l'histoire d'un homme et de son sachet de principes au goût sucré de valeurs humaines.

22oct/102

Lignée d’uppercut.

Face à face de surface face contre terre là où les glaces ne reflètent sans cesse que le côté pile d'un salace regard Scarface. Là où l'être et le paraître se conjuguent aussi bien que mettre et se faire mettre. Mais maitresse, le côté face c'est la pile de côté qui s'empile et se dés-empile au fil des coups de press' juvéniles malgré les SOS en sursis si faciles. Le Scarface du pile tout comme le puéril du face, c'est juste un pile ou face quoique tu fasses ou dises, ce n'est pas Two Face qui a choisi la façade de Gotham City.
Société normée au centimètre carré car le goût du billet est devenu le premier lait du nouveau mort-né.
À cette heure-ci les petites princesses chatouillent leurs couronnes pendant que les duchesses mouillent encore sur la banquette du trône. Ici ce n'est pas la foire, si tu veux te faire une queue ramène ta carte de sécu et lève le doigt en ouvrant bien la mâchoire.
À l'exemple d'un génie, il suffit juste de caresser pour exaucer les tragédies alors que le profit ne s'excuse pas de sucer les esprits. Mascarade derrière ce mascara ça ne masquera pas les pétasses mée-cra comme ce génie.
Mise en scène adulée par des coups de plumes, ce n'est pas mon stylo qui perdra les siennes. Il transperce les feuilles comme pour déplumer la mise en haine et cracher des obus par quinzaine.

Les chasseurs de teuch sont spécialisés dans la chasse et "je te pêche". Véritables branleurs à la barre dressante dès qu'un dress-code devient trop racoleur. Ça débite les cartes en carton aussi valorisant que le diadème d'une carpe. Horace n'avait pas confiance en l'avenir, je peux le comprendre maintenant que les méfiances ont pris la place du mort.
Avale et avale ces litres de lettres sorties d'un autre trou de bal. Protection rapprochée de chacal, c'est seulement pour approcher tes parties génitales. Parce qu'au final, ils ne savent faire que des mêlées sur les fouffes comme sur des steaks à point Chabal.